Il ne possédait plus d’idées.
Elles s’étaient toutes évaporées
Au long fil des années,
Dans un sol sédimenté.
La boue collait à ses chaussures.
L’hiver permanent s’accrochait.
La rivière lourde d’un brun épais,
Ne charriait plus aucune eau pure.
Mais à côté du feu, il rêvait.
Il ne voulait pas mettre le nez dehors,
Rencontrer l’humanité qu’il fuyait.
Il remettait à demain son sort.
Tout était posé dans le décor,
Il y avait le ciel, les nuages et la terre.
Ses yeux voyaient cela mais le temps était mort.
Il était enfermé dans une capsule de verre.
Dans un corps éphémère dont la tête est le toit,
Isolé dans un corps qui voulait rester là
Il se demandait toujours ce qu’il ferait demain.
Repousser sans arrêt le miroir du destin.
Sortir dans une brume
Qui dure toute la journée,
Dans des villes polluées
Où le ciel une vieil agrume
N’a plus le droit de citer.
Encore un instant de merveilles éthérées.
Mon vieil Oblomov, c’est l’heure,
Réveille-toi !
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